2013, année de… ?
Je nous souhaiterais une année moins mauvaise
Si je ne doutais pas des foutaises hollandaises…
Qu’il quitte au plus vite ses tièdes charentaises
Et que, sortant du bois, il n’en soit plus la fraise !
N’en déplaise aux thèses du pape et du diocèse
Le mariage pour tous ne crée plus de malaise
Et les gays et les gouines ne sont plus voué(e)s aux braises :
En ces temps peu importe le sexe que l’on baise !
La crise nous a mis au bord de la falaise ;
Mais plutot qu’un pansement sur une prothèse
Du productivisme, fermons la parenthèse !
Je vous souhaite enfin, en guise de synthèse :
La santé, du pèze, et de prendre vos aises,
Car elle sera balèze, cette année 2013 !
2012, année compte triple.
Kitsch à souhait n’est-ce pas ?
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Il est toujours bon de tirer quelques bilans d’une année qui s’achève, pour en tirer des leçons, des enseignements, ou simplement pour la beauté du geste. Voici donc quelques bribes de bilan.
Un événement : le premier tour des élections législatives (10 juin 2012) et sa leçon de réalisme politique.
Un verbe : grandir.
Un livre : Sur la Route, de Kerouac.
Un film : Laurence Anyways, de Xavier Dolan.
Une série : Borgen !
Une chanson : Mon Homonyme, d’Aldebert.
Une image : Le baiser lesbien de Montpellier.
Une ville : Paris, cette année encore, avec une bonne vingtaine de trajets depuis Lille pour le boulot, le parti ou les ami-e-s.
Une découverte : le Finistère, en juillet. Plus beau département de France !
Un regret : avoir arrêté mes études avant leur terme.
Un succès : il y a six mois j’aurais dit "la victoire de la gauche"…
Une boisson : le café. Des litres et des litres de café.
Un plat : sans viande (un an et demi de végétarisme).
Un animal : la loutre, évidemment.
Une femme : Eva Joly.
Un homme : Simon, mon nouvel écoloc
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To be continued.
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Madame Boutin, vous avez déjà perdu.
Photo: Gérard Julien – AFP.
Par un baiser à Marseille, deux femmes ont sabordé les manifestations anti mariage pour tous des catholiques réactionnaires que vous avez fédérés dans l’Alliance Vita. Vous connaissez le pouvoir des icônes ; par vos manifestations d’arrière-garde vous avez créé les conditions d’une cristallisation de l’opinion publique autour d’un emblème, d’une image, celle de votre défaite. Ce qui devait être une démonstration de force, un passage en revue de vos troupes, s’est avéré n’être qu’un pétard mouillé.
Oui Madame, vous avez perdu, et depuis longtemps. Vous vous débattez en vain contre la sécularisation de notre société. Vous n’êtes pas une résistante, vous êtes une réactionnaire. Là où la résistance s’oppose à une oppression, la réaction rejette le progrès social et prône un retour vers un passé idéalisé et fictif. Vous êtes de cette deuxième famille, prompte à opprimer et stigmatiser tout ce qui n’entre pas dans vos schémas.
Votre combat n’est pas celui que vous prétendez mener pour le bien-être de l’enfant. Vous êtes de ces parents qui regardent anxieux leurs mômes en priant pour qu’ils ne soient pas « différents ». Mais différents de quoi ? de qui ? De ce que vous jugez comme bons ? Hétérosexuels, mariés, fidèles ? Vous ne concevez le bonheur que s’il s’inscrit dans une norme immuable, définie par vos dogmes.
Aucune étude ne démontre aujourd’hui qu’il y aurait un surplus de mal-être chez les enfants qui grandissent au sein de familles homoparentales, et les témoignages se sont succédés ces derniers mois pour attester que les familles homoparentales n’étaient pas pires ou meilleures que les familles hétéroparentales.
En revanche, permettez-moi de vous questionner. Vous qui vous préoccupez tant en façade de l’épanouissement des enfants, comment se fait-il qu’on ne vous entende pas sur le suicide des jeunes homosexuels ? Certains enfants mériteraient-ils moins votre attention que d’autres ? Savez-vous seulement que 32% des hommes homosexuels de moins de 20 ans ont déjà tenté de se suicider (INVS, 2007) ? L’étude de Marc Shelly (2005) a démontré que les jeunes homosexuels avaient treize fois plus de risque de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels.
Ces jeunes font un apprentissage douloureux de leur « différence ». Ils subissent des brimades permanentes, des insultes, des violences. Comment ces enfants peuvent-ils s’accepter quand ils sont rejetés par leurs familles, s’isolent de leurs camarades à l’école et qu’ils apprennent de votre bouche qu’ils ne pourront jamais fonder une famille, parce que leur amour serait néfaste pour leurs enfants, parce que ceux-ci auraient besoin de vivre dans un environnement sexiste pour s’épanouir.
Oui les enfants ont besoin d’altérité pour se construire, mais ne réduisez pas cette altérité à une simple opposition entre deux sexes. Deux adultes, quels que soient leurs organes génitaux, apporteront toujours cette altérité, car, oui madame, les individus sont différents, et les homosexuels ne s’accouplent pas entre jumeaux. Surtout pour se construire, un enfant a besoin d’une altérité qui va bien au-delà des parents : si le jeune homosexuel se suicide, c’est d’abord parce qu’on ne lui propose qu’une seule norme, hétérosexuelle, qui ne lui correspond pas. Oui à l’altérité des normes, des cultures, des croyances !
Madame, votre persévérance est criminelle. La souffrance de ces enfants ne nait pas de leur homosexualité mais de votre homophobie. Par cette homophobie que vous entretenez en refusant de mettre sur un pied d’égalité tous les couples, vous êtes responsable du mal-être de ces homosexuels, jeunes ou moins jeunes, qui finissent dans l’exclusion, dans la précarité et qui tentent pour un tiers d’entre eux de mettre fin à leurs jours.
Alors Madame, maintenant que vous avez perdu la bataille du mariage, plutôt que de défendre un passé fantasmé, venez lutter avec nous contre les stéréotypes homophobes, préoccupez-vous enfin de la souffrance de ces enfants que vous ne reconnaissez pas.
Fin de partie
L’esquisse de notre vie est une esquisse de rien, une ébauche sans tableau.
Milan Kundera
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La vanité amène tout individu à espérer se sortir de sa médiocrité. Et quand une illusion s’effondre, c’est toute la vacuité du présent qui lui éclate au visage.
L’illusion nous empêche d’interroger l’absurdité de nos vies. C’est le moteur d’une fuite en avant perpétuelle pour ne pas affronter ce que nous sommes.
La claque reçue ce dimanche soir est à la mesure de l’illusion entretenue depuis des mois.
Évidemment les espérances des autres nous semblent toujours étranges et dérisoires. Aussi je ne demande pas qu’on s’apitoie sur le sort d’une jeune grenouille qui a voulu se croire aussi grosse que le bœuf. Ça n’est d’ailleurs pas l’accumulation de graisse qui fait la consistance d’une âme.
Changer le monde et changer de vie, voilà les deux illusions qui se sont fracassées ce soir de juin sur l’autel du réalisme politique.
Changer de vie d’abord. C’est chez moi un véritable leitmotiv, une fin en soi. Plutôt que de m’interroger sur la vie que j’ambitionne de vivre, c’est le changement qui est devenu l’impératif. Changer pour changer, pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs, plutôt qu’œuvrer au verdissement de l’herbe présente. Fuir plutôt qu’affronter. On ne peut espérer jouer sans cesse les déserteurs ; à ce jeu, plus le déni perdure, plus la chute est lourde.
A une poignée de voix près, Magali Deval rate donc le second tour où la victoire était à portée de main. L’Assemblée nationale s’éloigne donc, et avec elle l’espoir d’un retour à Paris, de la fin des emmerdes financières, d’une expérience exaltante avec un job prometteur.
Mais à tout bien réfléchir, la plus grosse baffe reste les 7,44% d’Eric Quiquet, dont j’étais le directeur de campagne. J’ai tiré de ces six mois intenses une expérience unique. Je tire de son aboutissement une leçon de réalisme politique violente et la conviction de mon impuissance à changer le cours de choses.
On ne changera pas le monde tout simplement parce que notre société ne le souhaite pas, toute engluée qu’elle est dans ses contradictions. On ne changera pas non plus la politique, tant les Français sont contre le cumul des mandats mais votent des deux mains pour leurs cumulards, sont pour le renouvellement sauf s’il touche leurs vieux barons locaux, sont contre les apparatchiks mais accueillent à bras ouverts les héritiers désignés, les filles et fils de. C’est cette hypocrisie qui nous emmène toujours plus vite dans le mur. Le changement, oui, mais doucement, voire immobile.
Deux illusions de brisées, une conviction de trouvée : on ne changera pas ce monde. Et il ira à sa perte avec la frénésie des lemmings.
Quant à moi, j’hésite à me contenter de le contempler dans sa chute.
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Et bien fait pour sa gueule.
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18h30, TF1
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Bienvenue sur TF1 pour cette soirée électorale qui s’annonce riche en rebondissements ! Tous les experts de la rédaction sont à nos côtés pour vous fournir en temps réel les chiffres et les images qui vont faire l’élection. Les dirigeants de tous les partis engagés dans la bataille se succèderont au cours de la soirée sur ce plateau.
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19h00, France 2
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Vous le découvrez avec nous… [jingle] Le chiffre officiel de l’abstention est donc de 32,4%, un record sous la Ve République pour une élection présidentielle, 4 points au dessus du 21 avril 2002. Une campagne décevante a donc amené une grand partie de l’électorat à bouder les urnes en ce dimanche de vacances scolaires.
Comme vous le savez, les premières estimations qui sont en train de nous parvenir ne pourront être divulguées qu’à 20h, mais nous pouvons déjà dire que nous nous orientons vers une très grande surprise !
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19h30, TF1
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Electoralement, l’abstention est la plupart du temps néfaste pour les formations les plus modérés, les « partis de gouvernement », et donc notamment pour les deux grandes formations politique du pays que sont l’UMP et le PS. Il évident qu’une campagne axée par l’UMP sur l’austérité, par le MoDem sur la vérité de la crise et par le PS sur la rigueur ont eu du mal à faire rêver l’électorat, et donc à le mobiliser.
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19h59, France 2
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Il nous reste moins d’une minute avant le verdict de ce premier tour. Ces estimations sont très serrées, et pourraient évoluer au cours de la soirée, même si une tendance se dégage. D’après nos estimations, les Français ont donc placé en tête de ce premier tour de l’élection présidentielle de 2012… [Silence, compte à rebours sur l'écran, 10 9 8 7 6 5 jingle]
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François Hollande obtiendrait 21,6% des voix devant, et c’est une énorme surprise, Jean-Luc Mélenchon avec 19,5%.
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Suivent dans un mouchoir de poche Nicolas Sarkozy avec 18,8% et Marine Le Pen à 18,5%. Insuffisant pour les deux grands battus du soir.
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François Bayrou subit un échec avec 9,1%, loin de son score de 2007. Eva Joly parvient in extremis à franchir une barre fatidique avec 5,3%, talonnée par Nicolas Dupont-Aignan qui, avec 4,6%, est donc un vecteur fatal de division de la droite.
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Enfin, pour fermer la marche, Philippe Poutou obtient 1,2%, Nathalie Artaud 0,9% et l’extravagant Jacques Cheminade 0,5%.
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La gauche totalise donc 48,5% des voix, la droite 42,4% et le centre 9,1%.
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Je me tourne vers nos analystes politiques, quel est votre premier commentaire ?
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La civilisation, sans Guéant ni Le Pen
« On ne peut juger la supériorité d’une civilisation à son aptitude à édifier des chemins de fer et à faire en sorte que les trains arrivent à l’heure à Auschwitz », Laurent Lévy
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En moins de 24 heures, Claude Guéant et Marine le Pen ont effacé le peu de doutes qu’il nous restait sur leur idiotie crasse, teintée de néo-racisme identitaire à la sauce Huntington. Sur le fond, leurs propos, l’un sur une classification supposée des civilisations en fonction de leur valeur, l’autre sur la défense de la civilisation française contre l’ouverture du mariage aux couples homos, n’ont pas surpris. Sur la forme, il est troublant (euphémisme) que deux débats ayant le même point de clivage émergent à quelques heures d’intervalles dans la bouche du ministre de l’Intérieur et de la candidate d’un parti d’extrême-droite. Étonnant non ?
Comme l’Ours vert n’est pas très friand de basses polémiques, il se contentera de quelques rappels civilisationnels, sur un coin de table, en vitesse.
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La civilisation, ou le triomphe de l’essentialisme
Le terme "civilisation" a un double sens qu’il est important de décortiquer, pour être mieux à même de comprendre l’éblouissante pensée de Monsieur Guéant. La civilisation, c’est d’abord l’ensemble des caractéristiques communes à une société, une région, une nation. Bref, c’est une sorte de notion, totalement artificielle et ineffable, qui vise juste à rendre intelligibles et homogènes des pratiques et des institutions qui ne le sont pas.
Comme tout concept, celui de "Civilisation" s’épuise vite, notamment quand des penseurs du dimanche s’évertuent à en faire de grandes théories sur l’histoire du monde présent à venir. Et c’est comme ça qu’on tombe sur le Choc des Civilisations, de Huntington. La théorie de ce monsieur est simple : de grandes aires de civilisation s’homogénéisent et vont entrer en conflit pour imposer leurs règles les unes aux autres. C’est en partie ce que reprend Marine Le Pen quand elle dénonce la possibilité pour des groupes (sous entendu de migrants) de revendiquer la polygamie en France ; c’est aussi la vision de Claude Guéant quand il nous appelle à "protéger notre civilisation".
Nous rejoignons très vite avec ce débat celui sur l’identité nationale, dont la bêtise est de croire que l’identité et la culture sont des choses immuables, statiques, à préserver pour toujours. Non, l’identité, comme la civilisation, est consubstantiellement ouverte sur l’autre.
Pour Huntington, Le Pen ou Guéant, chaque "civilisation" aurait son identité propre et serait comme un bloc revanchard, cohérent, an-historique. L’histoire comme l’anthropologie dénoncent ces thèses absurdes. Comme il n’existe pas de Français de souche, il ne saurait exister une civilisation française de souche. La civilisation, au contraire, est un agrégat d’apports extérieurs. Dans le cas de la France, pays traversé depuis des siècles par des peuples et des cultures diverses, notre civilisation est, par essence, un syncrétisme, un mélange, un métissage. C’est ce métissage qui fait tant peur à Guéant ou Le Pen, car il réinterroge perpétuellement nos us et coutumes, nos modes de vie. C’est aussi ce métissage qui fait un non sens du concept de "civilisation" tel qu’il est utilisé par ces idéologues réactionnaires.
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L’échelle des valeurs
Alors, certes, la reconnaissance de la pluralité des civilisations, de leur hétérogénéité, de leur instabilité et de leurs interactions ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur ce qu’est "être civilisé", au deuxième sens du terme.
La question que pose Guéant, c’est un peu le jeu du docteur : "c’est qui qui a la plus grosse, c’est qui qui pisse le plus loin ?". Bref, qu’elle est la civilisation la plus civilisée ?
On touche donc à l’autre sens du mot "civilisation", qui peut être entendu comme un processus, comme un état d’avancement des conditions de vie, des savoirs, des normes de comportements, des mœurs (dites civilisées, en opposition aux mœurs barbares).
Et là, ça se complique, car comment juger objectivement de la valeur de ces mœurs/normes/règles ?
Doit-on indexer le degré de civilisation sur le PIB ? Pas besoin d’être altermondialiste pour trouver ça absurde ! Sur l’IDH alors ? Humm pas simple… Prenons un exemple, le Brunei, cette enclave dans la Malaisie, fière de son IDH dans le top 30 mondial. Un pays développé donc. Le sultan Hassanal Bolkiah dispose des pleins pouvoirs, aucune élection n’y a été organisée depuis 1970. Alors oui, ça va faire plaisir à Guéant, les femmes ont les mêmes droits que les hommes au Brunei, mais bon dans le même temps ils mettent les homos en prison ("Toute personne ayant une relation charnelle volontaire contre nature avec un homme, une femme ou un animal, sera puni d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 10 ans et sera également passible d’une amende").
Donc, quels critères ? Comment évaluer le degré de valeur d’une civilisation ? Cette question de la valeur d’une civilisation est une impasse. Il est absurde de vouloir classer en valeur des entités qui ne sont pas homogènes sur des normes et mœurs qui ne sont pas comparables. En quoi le mode de vie occidental serait pas essence plus civilisé que celui d’une tribu d’Amazonie, où l’on se respecte, où l’on ne détruit pas son environnement, où l’on vit en société sans chercher à écraser l’autre ? Ce qu’énonce Guéant, c’est l’hypothèse d’une supériorité de la civilisation occidentale comme suprastructure du capitalisme libéral. Ça n’est en rien la seule voie possible, et encore moins, mais c’est un avis très personnel, la meilleure voie possible.
Donc les critères en terme de régimes politiques, de système économique, de richesse, etc. ne sauraient intervenir dans ce classement des civilisations. Il nous reste donc les droits universels, c’est-à-dire les droits de l’homme. Ils sont le rempart au nihilisme qui accrédite l’idée que "tout se vaut", ce qui n’est pas notre propos. C’est sur cette seule base des droits de l’homme que l’on pourrait s’amuser à distribuer bons ou mauvais points aux nations. Et à ce titre, les records français en terme de condamnations à la Cour européenne des Droits de l’homme devraient inspirer au Ministre un peu d’humilité.
Mais surtout, quelque soit les critères, il est impossible de les additionner, impensable d’agréger ces résultats pour formuler une conclusion définitive et tranchée sur la valeur d’une civilisation.
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La civilisation, impérialiste et universaliste
Outre son caractère très ethnocentré, ce qui est dangereux avec ce concept de "civilisation", c’est son instrumentalisation. Avec Huntington, l’idéologie libérale est restructurée en une idéologie impériale, colonialiste. L’Amérique de Reagan puis Bush (I et II) l’a bien montré : est considéré comme barbare tout ce qui n’est pas de notre usage.
Cette idéologie universaliste et impérialiste ne date pas d’hier, et a connu son apogée aux XVIIIe et XIXe siècles, quand l’homme blanc européen s’est convaincu qu’il portait un fardeau : le devoir de "civiliser les races inférieures", de leur montrer la voie. Et pour civiliser, tous les moyens sont bons, dont la guerre, la torture, le viol, le meurtre, le pillage. Après avoir apporté tous les bienfaits de la civilisation, il va de soi que l’homme blanc s’arroge aussi le droit de se servir sur le territoire en cours de civilisation de ces races inférieures. Bref, la barbarie instrumentale devient le moyen de la civilisation. C’est ce que Jules Ferry prônait pour l’Indochine, Bush pour l’Afghanistan, Sarkozy pour la Libye.
C’est aussi ce même Sarkozy, qui vient prêcher la bonne parole aux nations "en voie de civilisation", tel Tintin à Dakar.
"Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, vous donner des leçons. Je ne suis pas venu vous faire la morale. Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne. Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation et de la justice et de l’égalité entre les femmes et les hommes. Car elle est l’appel à la raison et à la conscience universelles. Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire."
Ce Petit Journal avait l’air plus en adéquation avec l’idéologie guéantienne que celui de Canal +
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Alors pour répondre à Sarkozy, comme à Guéant, Le Pen, Bush ou Huntington, une réponse est toujours d’actualité, celle que formulait Georges Clemenceau à Jules Ferry le 30 juillet 1885, au cours d’un débat sur la politique coloniale.
« "Nous avons des droits sur les races inférieures." Les races supérieures ont sur les races inférieures un droit qu’elles exercent et ce droit, par une transformation particulière, est en même temps un devoir de civilisation. Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l’on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit. Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. Depuis ce temps, je l’avoue, j’y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure ! [...]
Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n’est autre chose que la proclamation de la puissance de la force sur le Droit. L’histoire de France depuis la Révolution est une vivante protestation contre cette unique prétention. C’est le génie même de la race française que d’avoir généralisé la théorie du droit et de la justice, d’avoir compris que le problème de la civilisation était d’éliminer la violence des rapports des hommes entre eux dans une même société et de tendre à éliminer la violence, pour un avenir que nous ne connaissons pas, des rapports des nations entre elles. [...] Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur ! Voilà l’histoire de votre civilisation ! [...] Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. Je ne dis rien des vices que l’Européen apporte avec lui : de l’alcool, de l’opium qu’il répand, qu’il impose s’il lui plaît. Et c’est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l’homme !
Je ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles. Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. Mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. Ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence, l’hypocrisie. »
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Au regard de notre politique africaine et du traitement que le gouvernement inflige aux migrants et aux Roms qu’on ne vienne plus me parler de civilisation.
Action gouvernementale pour civiliser les Roms
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Pour vous faire plaisir, retrouvez un vrai classement des civilisations ici
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2012, année de… ?
Je vous souhaiterais de ne pas être grouse,
De vivre simplement, de vous goinfrer d‘arbouses,
Et comme Candide, cultiver nos pelouses,
Pour plus haut que nos culs ne point lâcher perlouses.
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Je vous souhaiterais de faire tomber la blouse,
Après tout celle-ci ne sera pas jalouse
Que, loin du regard de vos époux et épouses,
Vous puissiez profiter d‘une ultime partouze !
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Je vous souhaiterais de virer ces barbouzes
Qui depuis le Fouquet‘s nous ont mis dans la bouse
Et que pour la gauche mai ne soit pas la loose…
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Je vous souhaiterais, outre un peu plus de flouze,
Rencontres, amour(s), santé, et surtout aux tarlouzes
Une bien merveilleuse année 2012 !!
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