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Retour vers le futur, deux semaines avant le premier tour

8 avril 2012

18h30, TF1

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Bienvenue sur TF1 pour cette soirée électorale qui s’annonce riche en rebondissements ! Tous les experts de la rédaction sont à nos côtés pour vous fournir en temps réel les chiffres et les images qui vont faire l’élection. Les dirigeants de tous les partis engagés dans la bataille se succèderont au cours de la soirée sur ce plateau.

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19h00, France 2

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Vous le découvrez avec nous… [jingle] Le chiffre officiel de l’abstention est donc de 32,4%, un record sous la Ve République pour une élection présidentielle, 4 points au dessus du 21 avril 2002. Une campagne décevante a donc amené une grand partie de l’électorat à bouder les urnes en ce dimanche de vacances scolaires.

Comme vous le savez, les premières estimations qui sont en train de nous parvenir ne pourront être divulguées qu’à 20h, mais nous pouvons déjà dire que nous nous orientons vers une très grande surprise !

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19h30, TF1

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Electoralement, l’abstention est la plupart du temps néfaste pour les formations les plus modérés, les « partis de gouvernement », et donc notamment pour les deux grandes formations politique du pays que sont l’UMP et le PS. Il évident qu’une campagne axée par l’UMP sur l’austérité, par le MoDem sur la vérité de la crise et par le PS sur la rigueur ont eu du mal à faire rêver l’électorat, et donc à le mobiliser.

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19h59, France 2

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Il nous reste moins d’une minute avant le verdict de ce premier tour. Ces estimations sont très serrées, et pourraient évoluer au cours de la soirée, même si une tendance se dégage. D’après nos estimations, les Français ont donc placé en tête de ce premier tour de l’élection présidentielle de 2012… [Silence, compte à rebours sur l'écran, 10 9 8 7 6 5 jingle]

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François Hollande obtiendrait 21,6% des voix devant, et c’est une énorme surprise, Jean-Luc Mélenchon avec 19,5%.

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Suivent dans un mouchoir de poche Nicolas Sarkozy avec 18,8% et Marine Le Pen à 18,5%. Insuffisant pour les deux grands battus du soir.

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François Bayrou subit un échec avec 9,1%, loin de son score de 2007. Eva Joly parvient in extremis à franchir une barre fatidique avec 5,3%, talonnée par Nicolas Dupont-Aignan qui, avec 4,6%, est donc un vecteur fatal de division de la droite.

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Enfin, pour fermer la marche, Philippe Poutou obtient 1,2%, Nathalie Artaud 0,9% et l’extravagant Jacques Cheminade 0,5%.

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La gauche totalise donc 48,5% des voix, la droite 42,4% et le centre 9,1%.

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 Je me tourne vers nos analystes politiques, quel est votre premier commentaire ?

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La civilisation, sans Guéant ni Le Pen

6 février 2012

« On ne peut juger la supériorité d’une civilisation à son aptitude à édifier des chemins de fer et à faire en sorte que les trains arrivent à l’heure à Auschwitz », Laurent Lévy

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En moins de 24 heures, Claude Guéant et Marine le Pen ont effacé le peu de doutes qu’il nous restait sur leur idiotie crasse, teintée de néo-racisme identitaire à la sauce Huntington. Sur le fond, leurs propos, l’un sur une classification supposée des civilisations en fonction de leur valeur, l’autre sur la défense de la civilisation française contre l’ouverture du mariage aux couples homos, n’ont pas surpris. Sur la forme, il est troublant (euphémisme) que deux débats ayant le même point de clivage émergent à quelques heures d’intervalles dans la bouche du ministre de l’Intérieur et de la candidate d’un parti d’extrême-droite. Étonnant non ?

Comme l’Ours vert n’est pas très friand de basses polémiques, il se contentera de quelques rappels civilisationnels, sur un coin de table, en vitesse.

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La civilisation, ou le triomphe de l’essentialisme

Le terme “civilisation” a un double sens qu’il est important de décortiquer, pour être mieux à même de comprendre l’éblouissante pensée de Monsieur Guéant. La civilisation, c’est d’abord l’ensemble des caractéristiques communes à une société, une région, une nation. Bref, c’est une sorte de notion, totalement artificielle et ineffable, qui vise juste à rendre intelligibles et homogènes des pratiques et des institutions qui ne le sont pas.

Comme tout concept, celui de “Civilisation” s’épuise vite, notamment quand des penseurs du dimanche s’évertuent à en faire de grandes théories sur l’histoire du monde présent à venir. Et c’est comme ça qu’on tombe sur le Choc des Civilisations, de Huntington. La théorie de ce monsieur est simple : de grandes aires de civilisation s’homogénéisent et vont entrer en conflit pour imposer leurs règles les unes aux autres. C’est en partie ce que reprend Marine Le Pen quand elle dénonce la possibilité pour des groupes (sous entendu de migrants) de revendiquer la polygamie en France ; c’est aussi la vision de Claude Guéant quand il nous appelle à “protéger notre civilisation”.

Nous rejoignons très vite avec ce débat celui sur l’identité nationale, dont la bêtise est de croire que l’identité et la culture sont des choses immuables, statiques, à préserver pour toujours. Non, l’identité, comme la civilisation, est consubstantiellement ouverte sur l’autre.

Pour Huntington, Le Pen ou Guéant, chaque “civilisation” aurait son identité propre et serait comme un bloc revanchard, cohérent, an-historique. L’histoire comme l’anthropologie dénoncent ces thèses absurdes. Comme il n’existe pas de Français de souche, il ne saurait exister une civilisation française de souche. La civilisation, au contraire, est un agrégat d’apports extérieurs. Dans le cas de la France, pays traversé depuis des siècles par des peuples et des cultures diverses, notre civilisation est, par essence, un syncrétisme, un mélange, un métissage. C’est ce métissage qui fait tant peur à Guéant ou Le Pen, car il réinterroge perpétuellement nos us et coutumes, nos modes de vie. C’est aussi ce métissage qui fait un non sens du concept de “civilisation” tel qu’il est utilisé par ces idéologues réactionnaires.

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L’échelle des valeurs

Alors, certes, la reconnaissance de la pluralité des civilisations, de leur hétérogénéité, de leur instabilité et de leurs interactions ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur ce qu’est “être civilisé”, au deuxième sens du terme.

La question que  pose Guéant, c’est un peu le jeu du docteur : “c’est qui qui a la plus grosse, c’est qui qui pisse le plus loin ?”. Bref, qu’elle est la civilisation la plus civilisée ?

On touche donc à l’autre sens du mot “civilisation”, qui peut être entendu comme un processus, comme un état d’avancement des conditions de vie, des savoirs, des normes de comportements, des mœurs (dites civilisées, en opposition aux mœurs barbares).

Et là, ça se complique, car comment juger objectivement de la valeur de ces mœurs/normes/règles ?

Doit-on indexer le degré de civilisation sur le PIB ? Pas besoin d’être altermondialiste pour trouver ça absurde ! Sur l’IDH alors ? Humm pas simple… Prenons un exemple, le Brunei, cette enclave dans la Malaisie, fière de son IDH dans le top 30 mondial. Un pays développé donc. Le sultan Hassanal Bolkiah dispose des pleins pouvoirs, aucune élection n’y a été organisée depuis 1970. Alors oui, ça va faire plaisir à Guéant, les femmes ont les mêmes droits que les hommes au Brunei, mais bon dans le même temps ils mettent les homos en prison (“Toute personne ayant une relation charnelle volontaire contre nature avec un homme, une femme ou un animal, sera puni d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 10 ans et sera également passible d’une amende”).

Donc, quels critères ? Comment évaluer le degré de valeur d’une civilisation ? Cette question de la valeur d’une civilisation est une impasse. Il est absurde de vouloir classer en valeur des entités qui ne sont pas homogènes sur des normes et mœurs qui ne sont pas comparables. En quoi le mode de vie occidental serait pas essence plus civilisé que celui d’une tribu d’Amazonie, où l’on se respecte, où l’on ne détruit pas son environnement, où l’on vit en société sans chercher à écraser l’autre ? Ce qu’énonce Guéant, c’est l’hypothèse d’une supériorité de la civilisation occidentale comme suprastructure du capitalisme libéral. Ça n’est en rien la seule voie possible, et encore moins, mais c’est un avis très personnel, la meilleure voie possible.

Donc les critères en terme de régimes politiques, de système économique, de richesse, etc. ne sauraient intervenir dans ce classement des civilisations. Il nous reste donc les droits universels, c’est-à-dire les droits de l’homme. Ils sont le rempart au nihilisme qui accrédite l’idée que “tout se vaut”, ce qui n’est pas notre propos. C’est sur cette seule base des droits de l’homme que l’on pourrait s’amuser à distribuer bons ou mauvais points aux nations. Et à ce titre, les records français en terme de condamnations à la Cour européenne des Droits de l’homme devraient inspirer au Ministre un peu d’humilité.

Mais surtout, quelque soit les critères, il est impossible de les additionner, impensable d’agréger ces résultats pour formuler une conclusion définitive et tranchée sur la valeur d’une civilisation.

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La civilisation, impérialiste et universaliste

Outre son caractère très ethnocentré, ce qui est dangereux avec ce concept de “civilisation”, c’est son instrumentalisation. Avec Huntington, l’idéologie libérale est restructurée en une idéologie impériale, colonialiste. L’Amérique de Reagan puis Bush (I et II) l’a bien montré : est considéré comme barbare tout ce qui n’est pas de notre usage.

Cette idéologie universaliste et impérialiste ne date pas d’hier, et a connu son apogée aux XVIIIe et XIXe siècles, quand l’homme blanc européen s’est convaincu qu’il portait un fardeau : le devoir de “civiliser les races inférieures”, de leur montrer la voie. Et pour civiliser, tous les moyens sont bons, dont la guerre, la torture, le viol, le meurtre, le pillage. Après avoir apporté tous les bienfaits de la civilisation, il va de soi que l’homme blanc s’arroge aussi le droit de se servir sur le territoire en cours de civilisation de ces races inférieures. Bref, la barbarie instrumentale devient le moyen de la civilisation. C’est ce que Jules Ferry prônait pour l’Indochine, Bush pour l’Afghanistan, Sarkozy pour la Libye.

C’est aussi ce même Sarkozy, qui vient prêcher la bonne parole aux nations “en voie de civilisation”, tel Tintin à Dakar.

“Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, vous donner des leçons. Je ne suis pas venu vous faire la morale. Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne. Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation et de la justice et de l’égalité entre les femmes et les hommes. Car elle est l’appel à la raison et à la conscience universelles. Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire.”

Ce Petit Journal avait l’air plus en adéquation avec l’idéologie guéantienne que celui de Canal +

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Alors pour répondre à Sarkozy, comme à Guéant, Le Pen, Bush ou Huntington, une réponse est toujours d’actualité, celle que formulait Georges Clemenceau à Jules Ferry le 30 juillet 1885, au cours d’un débat sur la politique coloniale.

« “Nous avons des droits sur les races inférieures.” Les races supérieures ont sur les races inférieures un droit qu’elles exercent et ce droit, par une transformation particulière, est en même temps un devoir de civilisation. Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l’on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit. Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. Depuis ce temps, je l’avoue, j’y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure ! [...]

Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n’est autre chose que la proclamation de la puissance de la force sur le Droit. L’histoire de France depuis la Révolution est une vivante protestation contre cette unique prétention. C’est le génie même de la race française que d’avoir généralisé la théorie du droit et de la justice, d’avoir compris que le problème de la civilisation était d’éliminer la violence des rapports des hommes entre eux dans une même société et de tendre à éliminer la violence, pour un avenir que nous ne connaissons pas, des rapports des nations entre elles. [...] Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur ! Voilà l’histoire de votre civilisation ! [...] Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. Je ne dis rien des vices que l’Européen apporte avec lui : de l’alcool, de l’opium qu’il répand, qu’il impose s’il lui plaît. Et c’est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l’homme !

Je ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles. Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. Mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. Ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence, l’hypocrisie. »

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Au regard de notre politique africaine et du traitement que le gouvernement inflige aux migrants et aux Roms qu’on ne vienne plus me parler de civilisation.

Action gouvernementale pour civiliser les Roms

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Pour vous faire plaisir, retrouvez un vrai classement des civilisations ici ;)

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2012, année de… ?

1 janvier 2012

Je vous souhaiterais de ne pas être grouse,

De vivre simplement, de vous goinfrer d‘arbouses,

Et comme Candide, cultiver nos pelouses,

Pour plus haut que nos culs ne point lâcher perlouses.

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Je vous souhaiterais de faire tomber la blouse,

Après tout celle-ci ne sera pas jalouse

Que, loin du regard de vos époux et épouses,

Vous puissiez profiter d‘une ultime partouze !

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Je vous souhaiterais de virer ces barbouzes

Qui depuis le Fouquet‘s nous ont mis dans la bouse

Et que pour la gauche mai ne soit pas la loose…

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Je vous souhaiterais, outre un peu plus de flouze,

Rencontres, amour(s), santé, et surtout aux tarlouzes

Une bien merveilleuse année 2012 !!

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L’abstention fait peur aux chatons :)

12 décembre 2011

Après la superbe vidéo sur les accents (enfin superbe, il manque quand même l’accent ch’ti, ce qui est un honteux oubli !), le Service Avant Vote Eva Joly 2012 lance 5 vidéos pour inciter à l’inscription sur les listes électorales, les voici :

Chatouilles

A voté !

Je crois que je ne vais pas aller voter…

Marine et Sarko ont pris la France d’assaut…

Le bond

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Et voilà comment on fait une com en papier mâché quand on n’a pas les sous, mais j’aime bien le résultat :)

 

 

 

 

Max Weber et l’accord EELV/PS

20 novembre 2011

Mon article précédent hurlait au pastéquisme assumé, et, imitant Eva Joly, je décidais de m’engager corps et âme dans l’écologie populaire, l’écologie bien à gauche, l’écologie de conviction, bref, l’écologie de combat.

L’accord législatif entre EELV et le PS a donné du fil à retordre à mes frêles neurones ! Le mardi j’étais plutôt pour, le mercredi j’étais carrément contre, le vendredi je me décidais à être fermement, définitivement pontre. Et toujours comme Eva Joly je décidais de ne plus me rendre à Paris, d’oublier le Conseil fédéral, et de prendre un week-end familial, le premier depuis des mois.

Et alors que je faisais ma valise, j’ai pris un livre dans ma bibliothèque. C’est tombé sur Le Savant et le Politique de Max Weber, un monument pour tout apprenti sociologue qui se respecte. On y lit ces phrases :

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“Il est indispensable que nous nous rendions clairement compte du fait suivant: toute activité orientée selon l’éthique peut être subordonnée à deux maximes totalement différentes et irréductiblement opposées. Elle peut s’orienter selon l’éthique de la responsabilité ou selon l’éthique de la  conviction. Cela ne veut pas dire que l’éthique de conviction est identique à l’absence de responsabilité et l’éthique de responsabilité à l’absence de conviction. Il n’en est évidemment pas question. [...]

Vous perdrez votre temps à exposer, de la façon la plus persuasive possible, à un syndicaliste convaincu de la vérité de l’éthique de conviction que son action n’aura d’autre effet que celui d’accroître les chances de la réaction, de retarder l’ascension de sa classe et de l’asservir davantage, il ne vous croira pas. Lorsque les conséquences d’un acte fait par pure conviction sont fâcheuses, le partisan de cette éthique n’attribuera pas la responsabilité à l’agent, mais au monde, à la sottise des hommes ou encore à la volonté de Dieu qui a créé les hommes ainsi. Au contraire le partisan de l’éthique de responsabilité comptera justement avec les défaillances communes de l’homme et il estimera ne pas pouvoir se décharger sur les autres des conséquences de sa propre action pour autant qu’il aura pu les prévoir.”

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Qu’elle est dure à dépasser cette opposition entre éthique de conviction et éthique de responsabilité, entre doctrine et compromis, entre idéalisme et réalisme (nos amis les Grünen sont tout autant tiraillés entre fundis et realos). Et, même si certains clivages se recoupent, cette opposition entre les deux éthiques transcendent les oppositions politiques habituelles entre gauche et droite du parti.

C’est la manière d’envisager notre rapport à la politique qui est ici en jeu, et, comme le dit justement Weber, il est vain de vouloir convaincre sur les idées quand le clivage se fait sur l’éthique, et donc les valeurs. Bien sûr que tout les écologistes sont contre l’EPR, contre Notre-Dame-des-Landes, pour une transition énergétique, pour un renouveau démocratique : notre vision du monde à atteindre et de la transition à engager pour y parvenir ne fait pas l’objet de désaccords fondamentaux entre nous.

Il n’en va absolument pas de même sur la question de l’éthique. Et il est intéressant de voir que si 76% des conseillers fédéraux ont approuvé l’accord législatif EELV/PS, ce chiffre est vraisemblablement inférieur chez les militants (qu’ils soient adhérents ou coopérateurs), tout simplement parce que l’éthique de conviction est nécessairement plus forte chez ceux qui n’ont pas la responsabilité d’un mandat (interne ou externe).

Bref, je ne parviendrai pas ce soir à résoudre cette irréductible opposition. Mais alors que Weber affirme que la prépondérance d’une éthique de conviction produit dans le parti un appauvrissement intellectuel au profit de la discipline de parti, il rappelle qu’elle reste nécessaire.

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Et merde, je suis une pastèque.

8 novembre 2011

Drame du XXIe siècle : mardi 1er novembre, à la manifestation anti-G20 à Nice, dans le troupeau “EELV – Jeunes Ecolos”, nous n’étions que deux à connaître les paroles de l’Internationale...

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Je crois que c’est irrémédiable, insoluble, définitif. Maintenant j’en suis sûr, je me demande même si je ne suis pas le plus gauchiste des écolos… Quand je vois un banquier j’ai envie de l’attacher par les couilles à une éolienne. Si je pouvais je gaverais les patrons du CAC40 de quinoa bio jusqu’à l’étouffement. J’ai de plus en plus envie de faire sauter tous les hypermarchés, et de libérer les animaux des zoos et les travailleurs des usines…

Papa, maman,  je suis une pastèque.

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Le stade ultime du capitalisme :
Faire entrer les pastèques dans le moule.
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Le qualifier de “pastèque”, c’est la manière gentillette de décrier un écologiste qui serait un peu trop à gauche pour être honnête, sa version hard étant le fameux “Khmer vert” qui pullule chez nos amis de droite comme de gauche (et du centre, oups, n’oublions pas le centre !), visant à décrédibiliser par association d’idées la pensée écologiste et ses militants. Les écolos seraient tantôt de bienheureux mais peu crédibles bisounours shootés à l’herbe bio, tantôt de sanguinaires khmers verts qui font rien qu’à vouloir égorger nos filles et nos compagnes. Moi je serais donc de la deuxième catégorie, étant admis que l’on peut apparemment appartenir aux deux si l’on en croit les invectives droitières à l’encontre de Cécile Duflot ou d’Eva Joly. Pour comprendre donc ce qu’est une pastèque, un petit schéma (artisanal, bio et circuit-court) s’impose :
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Je suis donc une grosse pastèque, et je l’avoue tout net, j’en viens à davantage haïr les environnementalistes béats et autres protecteurs de bébés phoques que les gauchistes révolutionnaires qui eux ne sont pourtant pas dans le même parti que moi. Leur contemplation de mère nature, leur amour de la terre qui ne ment pas, cette secte des dendrophiles au mieux m’indiffère, au pire me fait convulser. [J'exagère un chouïa pour le côté pamphlet au fil de la plume, vous ne m'en voudrez pas j'espère ; au fond je les aime bien !]

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Le concombre, symbole de ces salauds d’environnementalistes, avec du vert foncé qui emballe du vert fade parsemé de grains blancs animalistes !

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Car, oui, l’écologie politique est altermondialiste, elle ambitionne de changer le monde, de changer la vie ! Oui elle est anti-productiviste et elle rejette les deux idéologies du siècle dernier, le communisme et le libéralisme, comme l’enfant batard de leur accouplement : la social-démocratie. Non, elle ne peut s’accommoder de la “réalité”, du “bon sens” et de ses principes à la con qui transforment tout bon politicard aux couilles molles en un peureux gestionnaire du patrimoine de l’État, un œil sur les sondages, l’autre sur le flux RSS de Moody’s ! Elle refuse le totalitarisme de l’Etat et prône un partage sain et juste du pouvoir avec un impératif de démocratie à tous les échelons. L’écologie politique refuse que la voix d’un homme compte plus que celle d’un autre en fonction de son nombre d’actions en bourse, et elle se reconnait donc pleinement dans l’économie sociale et solidaire.

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“Libérer nos vies des chaînes de l’argent” qu’ils chantaient

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Et surtout, l’écologie politique est humaniste. Elle veut remettre l’humain au centre du politique. Elle entend se soucier des hommes, en étant la seule à comprendre qu’on ne pourra sauver l’homme sans sauver la planète, qu’on ne pourra libérer l’homme sans revoir son rapport à son environnement, sans combattre certaines de ses dépendances. Nous ne sommes pas adorateurs des oiseaux en dépit des hommes, nous ne luttons pas pour la préservation de la biodiversité contre les hommes, mais pour eux, car l’opposition entre nature et culture, entre l’homme et l’environnement, est le pire des mensonges, un mensonge qui profite à une élite autoproclamée qui opprime l’humanité au Nord comme au Sud en détruisant notre bien commun le plus précieux, la Terre.

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Alors oui, camarades pastèques, sortons de l’ombre, gueulons un bon coup. Et allons leur dire aux pauvres que si l’air qu’ils respirent est saturé de saloperies c’est à cause de ces ordures de riches ! Que s’ils ont des cancers, de la bouffe de merde et des logements insalubres c’est à cause de ces connards de productivistes ! Que si on laisse crever les espèces en danger comme les gens dans la rue c’est pour que ces salauds de traders puissent naviguer en yacht ! Que si on dévaste nos forêts autant que nos vies c’est pour des putains de dividendes ! Allons leur dire !
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Mais là j’peux pas, j’ai accord électoral sur le feu.
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Nota Bene : cet article a une visée avant tout thérapeutique, quasi expiatoire. Inutile donc de sermonner l’ours vert en l’accusant de sujectivite aiguë, de manque profond de réalisme ou de radicalité à l’emporte-pièce, il sait. Bisous.
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-J’ai toujours adoré le côté arc-en-ciel, j’sais pas pourquoi !

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Votons Souchon à la primaire socialiste !

15 octobre 2011

Comme je n’ai pas envie de vous dire si j’irai voter dimanche, pour qui j’irai voter si j’y vais, qui a le plus grand taux d’écolo-compatibilité tout ça, je préfère partager avec vous quelques chansons que j’aime.

Souchon est un dangereux gauchiste, aimé des Français, et très écolo-compatible. En plus, il rassemble les Français au delà des clivages gauche-droite (ma maman qui vote Le Pen l’aime bien, mon papa qui vote Bayrou aussi, c’est dire !). Je propose donc qu’EELV, le PG et le PS l’investissent comme candidat unique de la gauche en 2012.

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Pour cela, je vous propose d’abord de passer la gauche à la machine, pour voir si le couleurs d’origine peuvent revenir, pour retrouver le rose initial de ses idées devenues pâles :

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Oh la la la vie en rose, le rose qu’on nous propose ne vous satisfait plus ? On nous Martine Aubry, on nous Français Hollande ! Vous aussi vous avez envie d’autre chose ? Vous aussi on vous fait croire que le bonheur c’est juste de battre Sarko en 2012 ? Refusez ces désirs qu’on nous inflige et qui vous afflige ! Ayez soif d’idéal ! Qu’on ne nous vende plus des candidats, des idées toutes faites ! Pensons, rêvons, débattons ! La politique n’est pas un casting, c’est ce qui fait société, ça vaut plus que ça !

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Et vous rêvez qu’à Solfé (et ailleurs) le pays soudain se soulève ? Rêver c’est déjà ça.

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Parce que n’oubliez pas qu’en face, dans les poulaillers d’acajou, on n’est pas près d’abandonner ses privilèges…

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Mais, Arnaud, François, Ségo, Martine, et si leurs programmes étaient vides ? Tant de démagogues, tant de mains pressés, d’empressés… Et si en plus, il n’y a personne ? Il y a tant de torpeur, tant d’antidouleur dans ces jolis cantiques, tant de questions et de jolis mystères…

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Il est donc fort probable qu’une fois encore, après l’élection, nos belles espérances laissent place à des regrets, des regrets, des regrets…

Rêvant des révolutions
Sur le bord de la rivière

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Voilà, j’arrête mes pitreries pour aujourd’hui, et je retourne coller des affiches pour Eva Joly.

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Vos urnes sont trop petites pour nos rêves.

23 septembre 2011

« Une politique qui se borne à brasser des rêves les trompe tous.

Une politique qui les ignore se trompe sur la nature de ceux qu’elle prétend conduire. »,

  François Mitterrand.

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Non. Je ne vous parlerai pas d’élections, je veux vous parler de démocratie. Je ne vous parlerai pas de votes (ni de sondages), mais d’idées. Pas d’électeurs, mais de citoyens.

Oui. Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler d’un slogan, jeté avec sa pancarte aux abords d’une station de métro madrilène. Un slogan rimbaldien, rempli de sens jusqu’aux cimes de ses lettres. Un slogan qui prête à penser plus qu’il ne donne de réponse. Un slogan qui questionne tout engagement politique.

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Nuestros sueños no caben en vuestras urnas [Nos rêves ne rentrent pas dans vos urnes]

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Depuis quelques mois, un vent de révolte souffle sur la Méditerranée. Ils n’ont pas de revendications précises, ils ne sont pas organisés, ils se sont réunis spontanément pour crier leur envie de changement, leur ras-le-bol d’un système qui les oppresse. Ce qui a déclenché ce mouvement ? Un croisement entre les révolutions arabes et les plans d’austérité européens, entre un vent de liberté venue de Tunisie, et un vent d’oppression venue de Grèce. Et quand le chaud rencontre le froid, il y a orage.

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C’est la crise ma p’tite dame…

Ce que dénonce ces indignés, c’est d’être bâillonnés, d’être dépossédés de tout pouvoir de décision, de ne plus être libre de déterminer ce qu’ils veulent pour eux et leurs enfants, et on ne peut qu’abonder dans leur sens. La crise financière est prétexte à tous les sacrifices, sociaux et humains. Le monde politique s’était marié avec le marché, aujourd’hui il s’agenouille devant sa pire émanation, et ça n’est plus une bague au doigt mais une paire de menottes.

DSK

La crise ? Le FMI ? DSK n’est jamais loin !

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Alors à quoi bon aller voter quand les élus avouent leur impuissance, quand le politique se soumet à la règle d’or, qu’il ne se préoccupe que de la dette du passé au détriment des investissements d’avenir, qu’il sauve à tout prix l’oligarchie financière en contrepartie du sacrifice des droits sociaux de sa population. Le peuple refuse d’être la chair à canon de cette guerre économique. Anatole France écrivait : “On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels et des banquiers”. Aujourd’hui, il écrirait peut-être : On croit se saigner pour préserver l’avenir, on le sacrifie pour les traders et les évadés fiscaux.

Même si je n’aime pas tout ce qu’il fait, Hervé Kempf sait dire certaines choses avec simplicité et pertinence. Quand il écrit : “il est vital pour l’oligarchie de maintenir la fiction d’une démocratie“, je ne peux qu’approuver. Cette oligarchie ne se cache même plus, et la consanguinité d’un certain monde politique avec celui des cupides et sans scrupules se révèle peu à peu… Sauf que cette fiction de démocratie, qui nous amène à devoir choisir entre des marionnettes, peut très bien soit être renversée, soit être court-circuitée.

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Du peuple, par le peuple, pour le peuple

La démocratie n’est ni la tyrannie de la majorité que craignait Tocqueville, ni celle de la minorité que voudrait nous imposer une oligarchie. Elle est le fruit de trois principes : la solidarité, sans laquelle la société n’a aucun sens, et a fortiori le prise de décision en commun ; la liberté (de réunion, d’information, d’association, d’expression) sans laquelle la démocratie est biaisée ; l’égalité bien sûr, qui assure qu’aucun vote ne pèse plus qu’un autre, et que tous les citoyens ont accès aux urnes.

Or aujourd’hui, la majorité des citoyens français soit ne sont pas inscrits sur les listes électorales, soit ne votent pas, votent blanc, ou votent Front national. Quelle est la représentativité d’une démocratie qui a exclu de la décision la majorité des citoyens ? Quelle est la légitimité d’une démocratie qui s’assoit sur le vote (Traité de Lisbonne), qui préfère défendre les intérêts particuliers des actionnaires plutôt que l’intérêt général des citoyens ?

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A ceux qui ne croient plus aux lendemains qui chantent, deux lames de fond existent pour remettre la démocratie à l’endroit. Le premier, c’est de se rapprocher de la démocratie directe, en rendant un réel pouvoir de décision aux citoyens, et pas seulement le droit de déléguer ce pouvoir à un représentant. Pour cela, il faut déverrouiller les référendums d’initiative populaire, et rapprocher la décision du citoyen, et donc de ses attentes et problèmes (principe de subsidiarité) en décentralisant le pouvoir, et en cessant de croire que “l’Etat sait ce qui est bon pour le peuple”. La démocratie participative, avec ses travers, est un de ces outils.

Le second, c’est de rendre l’économie démocratique, en remplaçant le principe “une action = une voix” par “une personne = une voix”. Et ça, ça s’appelle l’Économie sociale et solidaire, et ça marche plutôt bien (10% du PIB en France aujourd’hui ^^).

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Marche… ou rêve ?

Mais surtout, il en va de la responsabilité du politique de réaffirmer sa prégnance sur l’économie, de rétablir ses lettres de noblesse. La politique doit à nouveau s’occuper de la cité, la République doit à nouveau être l’espace de dialogue public, la démocratie doit redevenir le pouvoir du peuple.

Et pour cela, il faut redonner envie de politique, il faut quitter le court-termisme, quitter la gestion comptable de l’État, sortir de la morosité, et se mettre à rêver. Si le seul rêve de la gauche est de réduire les déficits, elle court à sa perte.

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Un tag qui traîne depuis des mois sur un mur lillois près de chez moi

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Apporter des réponses concrètes ne doit pas nous empêcher d’avoir une vision, d’avoir des rêves pour l’avenir. Nous devons garder en tête l’espoir rimbaldien de changer la vie, sans se méprendre sur les difficultés et sans faire fi des erreurs du passé et du présent. C’est comme ça que nous pourrons espérer réconcilier la démocratie et le citoyen.

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Je vais conclure sur ma conviction profonde, éminemment subjective et qui ne prétendra à rien d’autre. Je crois que le Parti socialiste, qu’il soit français ou espagnol, est coupable d’avoir trahi ses idéaux, ses rêves, d’avoir sacrifié ses valeurs sur l’autel de la gestion politicienne et de l’électoralisme. Oui, on demande toujours plus à la gauche qu’à la droite, et on lui pardonne moins, mais ça n’est pas un fardeau mais un honneur d’avoir à défendre les rêves d’égalité, de liberté, de solidarité, de justice. Je crois qu’aujourd’hui, seuls les écologistes et une minorité de socialistes (Montebourg a bien écrit Des idées et des rêves, même si ça relève en grande partie d’une posture…) portent encore cette ambition, et je trouve ça bien triste. Enfin il reste sept mois pour s’inventer des rêves, sait-on jamais.

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Prendre la parole ; Décider nous-mêmes

Libérer nos vies des chaines de l’argent

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Le dernier jour d’un condamné.

21 septembre 2011

Aujourd’hui c’était une journée pourrie au boulot.

Aujourd’hui c’était les dix ans de l’explosion de l’usine AZF de Toulouse.

Aujourd’hui j’ai appris le suicide de Jamey Rodemeyer.

Aujourd’hui j’ai appris la pendaison d’un iranien de 17 ans.

Aujourd’hui on lapide les femmes pour adultère, on tue des hommes pour homosexualité, on pose des bombes pour des idéologies.

Demain ce sera les deux mois de la tuerie d’Utoya.

Demain ça fera un an que Tyler Clementi s’est suicidé.

Demain Troy Davis sera tué.

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Aujourd’hui et demain, je sentirai monter en moi le sentiment d’impuissance comme un vieux poison.

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Puis la tolérance, la paix, la prudence triompheront. Mais ça ne fera pas ressusciter les morts.

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Jaurès ? Assassiné.

Gandhi ? Assassiné.

Luther King ? Assassiné.

Lennon ? Assassiné.

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En hommage à Jamey Rodemeyer

21 septembre 2011

Hier, aux Etats-Unis, Jamey Rodemeyer, 14 ans, a mis fin à ses jours parce qu’il ne supportait plus d’être la victime d’insultes et actes homophobes (bullying). En mai dernier, il postait cette vidéo pleine d’espoir, dans le cadre des vidéos “It gets better”.

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Sur Jamey Rodemeyer : Yagg, Têtu.

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Ce nouveau drame en rappelle de nombreux autres aux Etats-Unis où l’on assiste à une véritable recrudescence des actes homophobes, et notamment du harcèlement scolaire. Deux articles à ce sujet : Yagg, Têtu.

J’avais notamment été très choqué par le suicide de Tyler Clementi, 18 ans, le 22 septembre dernier. Il avait mis fin à ses jours après qu’un de ses “amis” avait diffusé une vidéo sur internet où il embrassait un autre homme.

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En France, les jeunes gays se suicident douze fois plus que les jeunes hétéros. Un jeune gay sur quatre fait une tentative de suicide au cours de son adolescence. Et rien n’est fait pour lutter contre l’homophobie. Aucune campagne de prévention, aucune sensibilisation, rien.

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